Cerfacs Entrez dans le monde de la haute performance...

Le 24 avril 2017 à 14h00

Soutenance de thèse: Franchine NI – Prise en compte des interactions entre écoulement et acoustique dans un solveur de Helmholtz tri-dimensionnel pour la prévision des instabilités thermoacoustiques.

Marie LABADENS |  Cerfacs, Salle de conférence Jean-Claude ANDRÉ |  

Résumé:

Afin de répondre aux enjeux environnementaux, les fabricants de turbine à gaz ont mis au point de nouveaux concepts de chambre de combustion plus propres et moins consommateurs. Ces technologies sont cependant plus sensibles aux instabilités de combustion, un couplage entre acoustique et flamme pouvant conduire à des niveaux dangereux de fluctuations de pression et de dégagement de chaleur. Les solveurs de Helmholtz sont une méthode numérique efficace pour prédire ces instabilités de combustion. Ils reposent sur la description d’un fluide non visqueux au repos, dont le comportement acoustique est régi par une équation d’Helmholtz thermoacoustique, résolue dans le domaine fréquentiel comme un problème aux valeurs propres. Le couplage flamme/acoustique est modélisé par une fonction de transfert du premier ordre entre les perturbations de dégagement de chaleur et la vitesse acoustique en un point de référence. Bien que performants, les solveurs de Helmholtz négligent l’interaction entre acoustique et vorticité aux coins, car celle-ci dépend d’effets visqueux. Cette interaction pourrait fortement amortir l’acoustique d’une chambre de combustion et la négliger revient à faire des prédictions trop pessimistes voire erronées. Par conséquent, une méthodologie a été mise au point afin d’inclure dans un solveur de Helmholtz l’effet d’interactions complexes entre acoustique et écoulement. Ces interactions étant compactes, elles sont modélisées par des matrices 2×2 et ajoutées au solveur comme des paires de conditions limites : les conditions limites de matrice. Grâce à cette méthodologie, les fréquences et modes d’une configuration académique non-réactive sont correctement calculées en présence de deux éléments où une telle interaction est forte: un orifice et un tourbilloneur. Afin d’être applicable aux chambres industrielles, deux extensions sont nécessaires. Premièrement, les surfaces de matrices doivent pouvoir être non-planes, afin de s’adapter aux géométries industrielles complexes. Pour cela, une procédure d’ajustement a été mise en place. La matrice est mesurée sur des surfaces planes et des transformations non-dissipatives lui sont appliquées afin de la déplacer sur les surfaces non planes. Ces transformations peuvent être déterminées analytiquement ou calculées avec un solveur de propagation acoustique. Le deuxième point concerne le point de référence du modèle de flamme. En effet, celui-ci est souvent choisi à l’intérieur de l’injecteur ce qui pose problème si celui-ci est retiré du domaine de calcul et remplacé par sa matrice. Dans cette thèse, le point de référence est remplacé par une surface de référence. La méthodologie étendue est validée sur des configurations académiques puis appliquée à une chambre annulaire de Safran. Cette nouvelle méthodologie permet de constater que l’interaction écoulement/acoustique au niveau des trous de dilution et des injecteurs joue un effet important sur la stabilité de la chambre mais aussi sur la structure des modes. Les premiers résultats avec une surface de référence pour la flamme sont encourageants.

 

Jury:

Yves AUREGAN Directeur de recherche – Université du Maine Laboratoire d’Acoustique – Rapporteur

Jonas MOECK Professeur – TU Berlin, Institut für Strömungsmechanik und Technische Akustik  – Rapporteur

Aimee MORGANS Professeur – Imperial College of London – Examinateur

Yoann MERY Ingénieur de recherche – Safran Aircraft Engines – Examinateur

Thierry POINSOT Directeur de recherche – Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse – Directeur de thèse

Franck NICOUD Professeur – Université de Montpellier II IMAG – Co Directeur de thèse